Ce matin, je reçois le mail suivant:

(…)Sur Arte a été diffusée le mardi 25 mai une émission intitulée : “Tchernobyl : une histoire naturelle ?”. Il est possible de la visionner ici.
En fait, la zone de 30 km de rayon évacuée au lendemain de l’explosion est devenue une vaste réserve naturelle où la Nature a repris ses droits. Elle est étudiée aujourd’hui par de nombreux scientifiques, biologistes et radio-écologistes.
C’est la première émission sur les retombées de Tchernobyl qui donne enfin la parole aux scientifiques, qui montre que pour certaines espèces, proches de l’Homme biologiquement parlant, on ne constate aucune anomalie, même 40 générations après l’accident (certaines interprétations montrant le contraire dans les années qui ont suivi l’accident ont été infirmées ensuite par les mêmes scientifiques qui avaient publié à tort ces informations, ce qui montre une grande honnêteté scientifique). Au contraire, toutes les espèces vivant dans cette zone (y compris celles qui n’y séjournaient pas avant et qui ont “investi” cette zone “protégée”) font preuve d’”une santé insolente” (je cite).
Le seul effet des faibles doses constaté sur les animaux est l’effet Hormésis, qui est un effet bénéfique, seul effet connu des faibles doses pour les scientifiques, connu depuis 50 ans et confirmé par des expériences depuis 35 ans (je pense en particulier aux expériences de mon collègue le Pr Hubert Planel, de Toulouse). Effet confirmé également par la cohorte extrêmement importante (10 000 personnes) des “irradiés de Taiwan” et les conséquences inattendues de cette irradiation (voir mon éditorial sur ce sujet ou encore ma leçon de clôture sur le site du CNAM (rubrique “culture”).
Bien sûr, Tchernobyl est une terrible catastrophe et nous devons tous lutter pour assurer sur la planète une sûreté équivalente à celle qui prédomine dans notre pays et rester vigilants mais je pense que cette information et le lien correspondant peuvent être diffusés le plus largement possible. il est d’ailleurs curieux de constater que jusque là, toutes les émissions sur Tchernobyl nous étaient annoncées à l’avance par le réseau “Sortir du nucléaire”. Mais pas cette fois-ci. Oubli fâcheux ou malencontreux hasard, sans doute !

Hélas, quand on clique sur le lien, la vidéo n’est plus disponible, et les commentaires sont beaucoup moins favorables. Comme c’est curieux…
Il est vrai que pour passer en “prime time” dans les médias français, il vaut mieux être anti-nucléaire qu’anti-avortement.

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Listening to this talk makes me feel eally good about working at AREVA

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Henri Proglio, the future CEO of EDF,  just made a blunt statement in the press  - les Echos today . According to him, the nuclear industry in France “lacks coherence and efficiency” and should be redesigned.
 
I agree. It should be redesigned, but probably in a very different way than he might think.
 
Though I am not surprised that the richest stakeholder of the French nuclear industry, namely EDF, now adopts the famous 800 pounds gorilla behavior with a weakened AREVA, CEA and Safety Authorities – cash is king…- , I believe that reorganizing again misses the point. If collaboration can indeed be made easier by good formal structures, it will not make collaboration happen. Collaboration cannot result from a pissing contests of top brass people, just because collaboration is about personal commitment, and not just compliance. If we want the French nuclear community to coalesce in something that makes more sense because it shares a common vision and situation awareness, we’d better really start walking the talk. If stakeholders of this industry have taken the habit of “cooking their little soup on a little fire in their little corner” as de Gaulle used to say about the 4th Republic, the last thing they need is a cost-cutting boss who will prevent them from meeting each other.
 
There is indeed a huge need for collaboration in the global nuclear industry, and in the French industry in particular, because the world needs it.  Henri Proglio says that we have 300 engineers knowledgeable about EPR technology, and that we would need 3000 to face demand. If this is true, and if knowledge about EPR is so important, where is the much needed joint EDF-AREVA project for a “EPR University”?
 
There are many examples of failed attempts at restructuring an industry when it is considered as a board issue and driven exclusively from the top down, because it always ends up as a clash of egos between top brass people with employees taken as hostages. But if top leaders take the time to build bridges across organizations through a joint LEARNING program (standardization bodies, training centers, communities of practice etc.), it is likely to take a little more time, but IT WORKS.
 
Good structures - such as AREVA’s integrated model - make collaboration possible, but only communities and teams make it happen. But do we really care about investing in communities and teams? Not much glamour there…

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J’ai été assez peiné par le débat sur les déchets nucléaires sur ARTE, qui montre une fois de plus les grands médias français sous leur visage populiste, à la recherche permanente de la polémique et du sensationnel pour attirer un public ignorant. On a encore eu droit à la théorie du complot, à l’opacité des pratiques, à l’argent qui achète le silence, à la mafia du Corps des Mines, qui échappe au contrôle du politique, par ailleurs complètement largué sur le sujet, etc.

La mise en scène en mode « tribunal du peuple » est un grand classique, que je pensais plutôt du registre d’un Cauet ou d’un Dechavanne que d’un Poivre d’Arvor. On invite des patrons du secteur nucléaire et on les met dans une situation où ils passeront nécessairement pour des technocrates antipathiques ou pour des froussards (M. Bigot du CEA avait un faux air de Mitsuhirato, le méchant Japonais dans « Tintin et le Lotus Bleu »). Les seuls scientifiques à qui on donne voix au chapitre sont des anti-nucléaires militants, et aucun de leurs avis n’est contesté, comme celui qui déclarait que la contamination « externe » à Nagasaki n’avait bien sur rien à voir avec la contamination « interne » de la Hague (???), que de ce fait seul le modèle « sans seuil » de radioactivité était le bon, et qu’on devait donc impérativement viser zéro radioactivité. Comme l’homme est naturellement radioactif, cela revient à dire qu’il faudrait tuer tout le monde ?

Les mots n’avaient plus de sens, et on qualifiait indistinctement de « déchet » les résidus hautement radioactifs entreposés à la Hague, les combustibles usés sortant des centrales, et l’Uranium appauvri dont on ne sait pas encore quoi faire (à part la quille des voiliers de course jadis.). Et toujours ces affirmations angoissantes qui ne veulent absolument rien dire comme celle selon laquelle la radioactivité « multiplie la probabilité d’avoir un cancer » (quelle est-elle et de combien ?) ou les mesures qui détectent « 50 fois la radioactivité naturelle » (et alors ? c’est grave ?). Rien n’est quantifié par rapport à des référentiels. Aucune étude crédible n’est produite, aucun chiffre global n’est fourni, en particulier sur les besoins en énergie et la répartition des modes de production.

Je passe sur les images subliminales chargées d’émotions comme celle du cumulo-nimbus qui ressemble à un champignon atomique lorsqu’on passe en avion au-dessus d’un site nucléaire, les images tournées en vision nocturne (le vert phosphorescent, ça fait irradiation), les boues prélevées pour les analyses particulièrement noires, brillantes et fétides (nucléaire = pourriture) etc.

En ce qui concerne l’équipe de tournage, c’est de bonne guerre, car ce sont des militants, et ils font leur boulot, plutôt bien d’ailleurs. Pour les équipes de journalistes d’Arte, ça l’est moins, car le sujet des déchets nucléaires mérite d’être pris beaucoup plus au sérieux. Et quand des journalistes se permettent de donner des leçons de démocratie en mettant en scène un tribunal populaire, ce qui est sans doute ce qu’il y a de plus anti-démocratique au monde, eh bien c’est franchement nauséabond.

Je ne défends pas non plus les représentants de l’industrie nucléaire, qui se sont encore placés dans le rôle de ceux qui pensent pouvoir se justifier par le savoir technique qu’ils détiennent. Comment peut-on affirmer péremptoirement et orgueilleusement que tout est sous contrôle, alors que c’est un message totalement irrecevable ? Les déchets nucléaires posent effectivement un problème sans précédent dans l’histoire de l’humanité. Ils nous demandent de nous projeter dans un avenir très lointain en engageant peut-être des milliers de générations après nous. Le débat est donc nécessairement scientifique, technique, politique, économique, géopolitique, philosophique, moral, et peut-être même religieux. C’est insupportable d’entendre des professionnels oser dire aux Français : « ne vous inquiétez pas, tout va bien et on s’en occupe », comme s’il était évident que nos descendants continueront à s’occuper de nos poubelles nucléaires dans 10000 ans. Michel Serres aurait-il raison de définir la génération actuelle comme celle qui préfère son argent à ses enfants ?

Les Français demandent qu’on arrête de les humilier en les prenant pour des imbéciles, même s’ils sont en grande majorité très incultes en matière nucléaire, comme les médias d’ailleurs. Donc, arrêtons ces programmes télé sans aucune tenue. On ne finance pas Arte avec la redevance pour produire des émissions de télé-réalité.

Sur ces sujets, il faut savoir parler vrai, humblement, et avec une voix humaine. C’est très difficile : il faut potasser ses dossiers ; il faut vouloir informer au sens le plus noble du terme, c’est-à-dire éduquer. Et alors oui, on peut et on doit engager un débat vraiment démocratique sur le sujet des déchets nucléaires, car notre pays et le monde le méritent bien, comme on dit chez l’Oréal.

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Great article on windblogs on the European Supergrid study made by the University of Kassel. It starts with the sentence:

In a world of brown energy, there is a vision of a green energy future

Now, since nuclear energy is never mentioned in the article, I assume that it is part of the brown energy, so the question is: what does “brown” mean? If it means everything that comes from down under our feet, then geothermal is brown too. If it means polluting the air, then nuclear is definitely green.
So “brown” must mean something like crappy. If so, it’s a judgment, not a scientific fact.
Define “brown”.

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AREVA is a particular company in many respects, but the most important is probably that we are in the eye of the cyclone with respect to communication issues. We cannot communicate through press releases like many companies, because everything we do is highly tied to international energy policies, and immediately raises concerns. We must learn to enter the public debate and use modern social media for this.

Knowkers.org, a group of social activists concerned about manipulation on the web and absence of debate on some of the most crucial issues faced by our planet, published an article one month ago about the different perceptions of AREVA’s investment in Imouraren, Niger. It argues that AREVA is probably underestimating the need to enter into an ongoing debate with the people of Niger through the social media they are using.

Le traitement de cette information à travers les trois fenêtres retenues pour l’analyse (communique de presse d’Areva, le quotidien nigérian Le Républicain, et le blog du MNJ) montre en effet une vision toute relative aux positions de chacun. Alors que le MNJ menace dors et déjà d’agir et faire fi des négociations de paix menée par la Libye, le Républicain parle d’une grande fête nationale, ou la liesse fut au rendez vous. Le communiqué d’Areva quant à lui est très sobre, factuel, tentant une neutralité presque choquante au regard de l’importance de l’événement pour le groupe.

The fact that AREVA Inc. in the US has launched an excellent blog three months ago gives us good hope that we are indeed going to take this challenge.

[thanks Marc]

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“Why another blog defending nuclear energy?” one of my friends asked me recently.

Well, I just believe that the debate around those issues, at least in this country, is most often childish and irresponsible. The pros and the cons present two conflicting ideologies and fire arguments at each other, sometimes downright heinous on one side and commiserating on the other. Both refuse to engage into any form of debate around the real issues of feasibility, which are of course driven by the technology we have in our hands, but perhaps more importantly numbers. For example, if we want to reduce the share of nuclear energy to 50% in France without increasing CO2 emissions, it means, according to Jean-Marc Jancovici that we must reduce electricity consumption by half. Now are we prepared to do this? On the other side, we keep on claiming that nuclear energy is free from CO2 emissions, which is by and large true, but we never mention that because nuclear power plants heat rivers, our ecological footprint is far from negligible.
So the debate is difficult, and let’s just say that I’d like to contribute, and give my two cents worth once in a while.

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Great job by the University of Denver.

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Agriculture Is One of the Most Polluting and Dangerous Industries
When you read this article, nuclear waste seems comparatively safe…
Just kidding.

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A quote from Clay Shirky’s last book “Here Comes Everybody”, which appeals to me because I am both in the nuclear business and in charge of collaboration and innovation systems there:

To put it metaphorically, society’s control over nuclear power is like driving a car, with gas, brakes, and a reverse gear. We have a good deal of control over both the route and speed with which nuclear power progresses, including the option to pull over (as several countries have done by banning the building of new plants). The dramatic improvement in our social tools, by contrast, means that our control over those tools is much more like steering a kayak. We are being pushed rapidly down a route largely determined by the technological environment. We have a small degree over control over the spread of these tools, but that control does not extend to being able to reverse, or even radically alter, the direction we are moving in.

I believe this very much explains why change is so difficult to implement in large organizations, and in the nuclear business in particular where control and safety are paramount. Nevertheless, we are also in a business whose future depends so much on public opinion that we absolutely need to adopt social tools and move down that path too. To paraphrase Clay, we are car drivers who really need to learn how to steer a kayak. It’s not either or, but both, and that’s tricky, because our managers sitting at their desk don’t always know if they are driving a car or steering a kayak. When they are planning for future development, they are more like steering a supertanker, because they know it’s going to take twenty year to implement. But when they are facing governments or the public opinion, they are in white waters. We have both excellent car drivers and outstanding kayakers at AREVA, but I am not sure that we have enough top managers with both capabilities, with the possible exception of our CEO. So my job is more to induce a new culture where the car drivers will acknowledge that they need the kayakers, and vice-versa. Call it humility.

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