novembre 15, 2005

Quel marché pour les plateformes de réseaux sociaux?

Posted at 18:08 in Outils de collaboration.

A propos des réseaux sociaux, Jean Marriotte, qui s'intéresse à juste titre à OpenBC dit:

Malgré une certaine rivalité que j’ai pu constater entre les fournisseurs de blogs et ceux de réseaux sociaux, notamment lors de la table ronde sur le sujet au forum KM 2005, ces outils m’apparaissent très complémentaires, plutôt qu’opposés.

Moi, je ressens assez bien cette rivalité comme réelle. Il y a en effet deux modèles différents de mise en relation des personnes qui peuvent s'affronter. Les blogs insistent sur les conversations pour mettre en rapport les personnes, alors que les réseaux sociaux misent plus sur l'intermédiation d'un tiers de confiance. A première vue, cela semble complémentaire. Il existe d'ailleurs à ce propos un blog sur LinkedIn. Mais je crois que ce sont en fait deux visions qui aujourd'hui s'opposent en pratique, car les offreurs de réseaux sociaux en ligne ne sont à mon sens pas encore allés au bout de leur produit.

Ce qui plaide en faveur des blogs, c'est qu'on s'en sert tellement souvent -du moins en principe ;-)- pour dire ce qu'on pense et ce qu'on sait qu'ils deviennent notre reflet en temps réel, du moins dans un certain registre. Et on a toujours son CV quelque part dans son blog pour ceux qui veulent creuser plus avant. En contrepartie on n'utilise les réseaux sociaux qu'occasionnellement, dans le cas particulier où on recherche quelqu'un pour quelque chose qui n'est pas l'objet de notre attention du moment. C'est toujours un outil qui marche en toile de fond, comme un annuaire. Bien que je n'aime pas beaucoup les comparaisons avec l'industrie des médias, je dirais que le blog est à la plate-forme de réseau social ce que le journal quotidien est au dictionnaire.

La question toujours non résolue pour moi est de comprendre quelles activités en ligne vont engendrer suffisamment de trafic sur le site de réseaux sociaux, tout en restant fidèle à la vocation première du système qui est de mettre en relation des personnes sur la base d'un descriptif statique et orienté sur la capitalisation de l'expérience passée. Il semble que LinkedIn ait finalement renoncé à son projet générique de "business networking" pour se concentrer sur le marché de l'emploi, devenant ainsi une alternative "sociale" à un Monster par exemple. Le pari de ses dirigeants, c'est d'atteindre une masse critique d'offres d'emplois suffisamment bien catégorisées pour que les adhérents continuent à s'inscrire et à mettre à jour leur profil pour recevoir sur leur messagerie les offres qui les intéressent. Si c'est bien fait, et si c'est bien verticalisé par industrie ou par métier avec une approche de catégorisation à la Wikipedia, il y a sans doute un business model qui peut tenir la route. Il y a encore du boulôt à faire. On verrait assez bien par exemple le Jim de Mission Impossible rechercher dans un annuaire de type Open BC ou LinkedIn des agents à activer pour une mission difficile qui a besoin de profils très particuliers et immédiatement disponibles.

En revanche, si on en reste à des concepts assez vagues de business networking genre Orkut, alors je ne vois pas très bien comment ça peut marcher. Si la plate-forme de réseau social reste un outil en "background",on ne sort pas de la trilogie "Sex, Job, Sales" que sont la recherche de flirts à emmener en boîte (ex. Meetic), d'employeurs à contacter (ex: LinkedIn) ou de prospects à spammer (ex. Viaduc ). Dans cet ordre d'ailleurs en ce qui concerne la viabilité économique. Bonne chance, Viaduc...

Il reste certainement des écosystèmes à explorer avec les outils de réseaux sociaux, notamment en amont de la création de communautés de pratique. Avec Yann Mauchamp, j'ai évoqué il y a quinze jours une utilisation possible d'OpenBC pour organiser la collecte de renseignements à plusieurs entreprises lors d'un grand salon professionnel. Par exemple, le chargé de la veille concurrentielle de Renault pourrait ouvrir un forum "Detroit Auto Show" sur OpenBC et inviter certains employés de Renault et de ses partenaires stratégiques triés sur le volet et visitant le salon à s'organiser en ligne pour collecter et mettre en commun le maximum de rapports d'étonnement. On peut imaginer aussi un producteur de film cherchant à constituer une équipe de tournage d'un film et utilisant un outil de ce type pour trouver rapidement les gens qui lui manquent. Mais dans ce cas, il faut choisir l'écosystème dans lequel on cherche à trouver sa place, et organiser les métadonnées de recherche et de classification des personnes en conséquence. Et il faut surement rajouter une information clé qui manque aujourd'hui cruellement et qui est la disponibilité de la personne. Mais comment faire pour inciter les utilisateurs à renseigner le système sur leur disponibilité? Tout est là...

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" En revanche, si on en reste à des concepts assez vagues de business networking genre Orkut, alors je ne vois pas très bien comment ça peut marcher. Si la plate-forme de réseau social reste un outil en "background",on ne sort pas de la trilogie "Sex, Job, Sales" que sont la recherche de flirts à emmener en boîte (ex. Meetic), d'employeurs à contacter (ex: LinkedIn) ou de prospects à spammer (ex. Viaduc ). Dans cet ordre d'ailleurs en ce qui concerne la viabilité économique. Bonne chance, Viaduc... "

Je ne pense pas qu'il faille se restreindre à cette vision/utilisation des réseaux sociaux. Il m'arrive souvent de prendre contact avec des personnes sans objectif bien défini mais qui ont des activités qui sont susceptibles de m'intéresser. D'une discussion et d'une meilleure connaissance mutuelle en découle ensuite la construction de partenariat ou d'un travail collaboratif bien défini.

ps: merci pour la citation ;-)

Posted by: Jean at novembre 18, 2005 05:45 PM

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