mars 12, 2006
Quelle société préparons-nous?
De Hannah Arendt dans les Origines du Totalitarisme:
Le terme de « masses » s'applique seulement à des gens qui soit à cause de leur simple nombre, soit par indifférence, soit pour ces deux raisons, ne peuvent s'intégrer dans aucune organisation fondée sur l'intérêt commun qu'il s'agisse de partis politiques, de conseils municipaux, d'organisations professionnelles ou de syndicat. Les masses constituent la majorité de ces vastes couches de gens neutres et politiquement indifférents qui votent rarement et ne s'inscrivent, jamais à un parti.C'est moi qui souligne. Ce qui s'appliquait à la société d'entre les deux guerres reste encore vrai, et je crains les conséquences de l'individualisation à l'extrème de notre société, où la précarité du travail est redevenue la règle comme avant la révolution industrielle, mais où les liens sociaux sont considérablement plus distendus, et où les médias "de masse" amplifient une sorte de pensée unique infantilisante.En fait les masses se développèrent, à partir des fragments d'une société hautement atomisé, dont la structure compétitive et la solitude individuelle qui en résulte n'était limitée que par l'appartenance à une classe. La principale caractéristique de l'homme de masse n'est pas la brutalité ou le retard mental mais l'isolement et le manque de rapports sociaux normaux.
Les mouvements totalitaires se trouvent partout où se trouvent des masses qui se sont découvert un appétit d'organisation politique.
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Comments
"Les mouvements totalitaires se trouvent partout où se trouvent des masses qui se sont découvert un appétit d'organisation politique."
Question : notre individualisme n'est il pas tellement poussé à l'extrême que "la solitude individuelle qui en résulte" n'est limitée à aucune appartenance de classe et de fait ne saurait être récupéré par une organisation politique totalitaire ?
Posted by: PL at mai 9, 2006 08:42 PM
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