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juin 14, 2006
Les adeptes du web 2.0 déçus par le conservatisme des grandes entreprises.
A la journée KM de l'ENSAM aujourd'hui, organisée par Marc, j'ai été étonné de voir à quel point la fascination des étudiants pour les outils web2.0 est grande, et combien ils sont déçus de voir la résistance des entreprises à se les approprier. Les étudiants n'ont parlé quasiment que de ça, en tout cas ceux que j'ai vus.
La démarche par laquelle ils tentent d'introduire de nouveaux outils de collaboration dans l'organisation qui les emploie comme stagiaire est toujours à peu près la même. On découvre un gisement de productivité par le partage des savoirs, et on choisit un outil qui va permettre en principe d'exploiter ce gisement. On est dans une logique d'amélioration, de "nice to have".
Or ce n'est pas comme cela que les entreprises raisonnent! Pour qu'elles acceptent ces outils, il faut d'abord qu'ils représentent une solution à un vrai problème, et pas seulement quelque chose de sympathique en soi.
Par ailleurs, comme disait Clay Shirky je crois, ces outils que sont les blogs et les wikis ne sont jamais que des véhicules temporaires qu'on emprunte pour aller de A en B, sachant qu'on changera sans doute d'outil pour aller de B en C, ce qui n'est pas sans poser quelques problèmes quand, par manque de standards d'échange, les contenus restent "collés" à leur véhicule premier. Et de la même façon qu'on ne rentre pas dans une voiture bizarre pilotée par un inconnu, on ne se met pas à publier sur un blog ou un wiki en entreprise avant d'avoir un minimum de confiance, dans l'outil bien sur, mais aussi et surtout dans son promoteur.
En entreprise, on peut dire que le blog ne rentre dans la culture que lorsqu'un top manager particulièrement en vue se met à bloguer lui-même. Et on ne rejoint un espace wiki que lorsque son initiateur est une personne respectée et bien en vue dans l'organisation. C'est une affaire de dynamique de groupe. Dans une grande entreprise, les suiveurs sont toujours les plus nombreux. Les entrepreneurs et les créatifs sont dans les petites.
Dans une organisation industrielle très structurée, on a toujours besoin de la caution d'un membre-clé de la hiérarchie pour sortir des sentiers battus, et il faut êttre un peu dissident un peu inconscient pour s'aventure en-dehors de la pensée verticale. On ne peut pas comprendre les totalitarismes et les bureaucraties si on ne reconnaît pas ce besoin viscéral de l'homme d'obéir à un chef et de suivre la masse. La photo de gauche est excessive bien sur, mais elle peut permettre de comprendre pourquoi l'introduction de nouveaux outils de collaboration dans une grande entreprise est toujours déstabilisante pour le régime en place, et pourquoi il y a toujours toujours un enjeu de pouvoir derrière le choix d'un logiciel de collaboration.
Posted by mrouldug at 10:19 PM | Comments (0) | TrackBack