novembre 07, 2006
Conférence de François de Closets à l'IHEDN sur le nouveau capitalisme - A nouveau le thème du déclin de la France
Je suis allé écouter François de Closets hier à l'IHEDN. Son message était simple, et peut se résumer en un syllogisme
- Si la France ne réduit pas sa dette, nous allons à la catastrophe.
- Les hommes politiques n'en parlent pas parce que ce sont des lâches
- Donc nous allons à la catastrophe
à méditer...
François de Closets
ancien dragon pour les américains. Nous devions être les plus riches du monde, et nous croulons sous les dettes. Nous sommes le pays qui va le plus mal en Europe. Nous ne parvenons pas à infléchir cette tendance. Nous risquons de perdre notre credit rating. Or on n'en parle pas dans la campagne
Concurrents plus rudes, plus redoutables. Changement du capitalisme à partir des années 80. Dans les années 70, il n'y avait plus de capitalisme car les actionnaires n'avaient pas voix au chapître (trop dispersés). On pouvait alors avoir des politiques à long terme. A partir des années 80, les actionnaires se regroupent et prennent le pouvoir. Or la finance est de nature nomade et a un pouvoir de nuisance très fort, beaucoup lus que celui des syndicats. Tout pour le profit, et tout pour l'accroissement du profit à court terme. Révolution du libéralisme. Le libéralisme est de l'ordre de la régulation. Il s'oppose en fait au capitalisme. Il propose la libre circulation, et donc l'affaiblissement des Etats, qui sont désormais en concurrence. Or le politique a toujours été le champion du social contre les excès du capitalisme. Or nous sommes au tout début de cette lutte entre le marché et les Etats. Obstacle
C'est le pays le plus gâté du monde. La France des 30 glorieuses, c'est l'URSS qui a réussi. L'Etat était partout, et cela correspondait bien à la mentalité française, qui déteste l'inégalité et l'insécurité. Le CAC 40 qui oppose les chefs et les salariés La France des bonnes villes vs. la France des banlieues Le crédit, c'est comme un drogue. Cela permet de ne pas s'attaquer aux problèmes. Et on invoque Keynes en permanence. On dit "relance" et on fait du déficit. Un million de fonctionnaires en plus sur 25 ans, alors que l'investissement de l'Etat n'a cessé de décroitre. Nous n'avons pas compris que les Etats sont en concurrence. C'est un effort qu'on demande à toute la société, pas à nos grandes entreprises. La dette est toujours payée. En France après-guerre, la dette a été financée par l'hyper-inflation, qui a effacé la dette en appauvrissant les classes moyennes. Les possédants, eux, s'en sortiront toujours, car ceux sont eux pr Quand on ferme la porte aux licenciements, on ferme celle de l'embauche Le chômage est grandement causé par une inadéquation entre l'offre et la demande (300.000 personnes au moins) On ne peut imaginer que des victoires remportées sur l'autre camp.
Le système des corps d'Etat
C'est la première chose à faire. Il doit y avoir un consensus sur la situation réelle. Or on ne parle pas du tout du rapport Pébereau ou de son contenu. Il faut revenir à la réalité. Diminuer les effectifs des fonctionnaires améliore le fonctionnement des services publics. Nous avons la fiscalité la plus compliquée du monde. Copier le modèle américain, et abandonner tout ce qu'on a fait? Non. Les scandinaves ont su réformer le modèle social-démocrate, en faisant les efforts suffisants pour remettre les finances d'aplomb. Au départ Air France était une administration et les entreprises ont su le faire. Le problème est celui des privilèges dans la société française, les fameux droits acquis qui ont minéralisé le pays. Remettre en place nos finances. Ne pas compter sur les puissants pour le faire. Eux s'en sortiront toujours en mettant leur fortune à l'étranger. Un peu de pudeur. Freiner la dépense ne changera pas fondamentalement notre style de vie.
Si on continue, le grand rendez-vous de la France est la crise financière.
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