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janvier 08, 2007

Une communauté, c'est fait pour vendre, bordel! (bis)

On me pose à nouveau aujourd'hui la question de la valeur d'une communauté pour une entreprise, et j'ai pris le parti de changer de discours, car j'en ai un peu ma claque des histoires de ROI

Repartons des fondamentaux de la collaboration en ligne, que le diagramme de mon copain Ross Mayfield (CEO de SocialText) ci-dessus illustre très bien. Il n'y a que quelques personnes qui animent une communauté pour des milliers qui seraient purement passifs si on ne leur donnait pas grâce aux technologies web2.0 les outils pour créer des "quanta" de valeur ajoutée qu'on retraite ensuite par des algorithmes.

Le problème c'est de mettre en place cette dynamique de collaboration. Un peu comme si la flèche rouge d'en bas représentait un champ magnétique vers le parrain de la communauté, souvent une organisation incarnée par ses dirigeants. Comment créer ce champ magnétique?

C'est pour moi une évidence que l'essence-même de la proposition de valeur d'une communauté quelle qu'elle soit, et les communautés de professionnels en particulier, c'est la création de liens de confiance entre ses membres, et une forme de reconnaissance envers l'organisation parrainant la communauté, souvent une grande entreprise. En amenant le monde et les employés del'entreprise à engager une conversation continue et vraie sur des sujets qui sont au coeur de la stratégie et des valeurs de l'entreprise, on se crée une clientèle. C'est très simple au fond. L'alternative, comme dit Armand Hatchuel de l'Ecole des Mines, c'est de se laisser "ringardiser" par ses concurrents. Alors les parts de marché baissent, même si les produits sont bons.

Il s'agit de créer une société humaine autour d'une entreprise, une sorte de parti politique au sein duquel on touve ses clients. Je trouve que cela va quand même beaucoup plus loin que ces histoires de ROI, qui commencent à nous gonfler sérieusement.

[Incidemment, je viens de tenter d'avoir une conversation avec ingénieur d'affaires d'un prestataire de ma société. Je n'y suis pas arrivé, car tout en sourires et en rondeurs, il avait le langage codé de la sentinelle: "Si j'ai bien compris ce que vous m'avez dit, je reformule en trois points..." etc. Je pense que cette forme de réthorique de vente disparaîtra, comme a disparu la réthorique marxiste-léniniste. Mais pour ça il faut être en confiance. D'où ce que je viens d'écrire, et d'où mon livre]

Posted by mrouldug at 06:56 PM | Comments (0) | TrackBack